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  • : L'Amicale des Gadiris et du Souss
  • : L'association dite l’Amicale des Gadiris et du Souss fondée le 13 juin 2010, à Gradignan, a pour but de s’entraider, de se réunir entre amis, d’organiser des repas et sorties, d’éditer un bulletin.
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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 10:23
Schistocerca gregaria, connu aussi sous l'appellation de criquet pèlerin. / DR

Schistocerca gregaria, connu aussi sous l'appellation de criquet pèlerin. / DR

Schistocerca gregaria, connu aussi sous l'appellation de criquet pèlerin. / DR

Schistocerca gregaria, connu aussi sous l'appellation de criquet pèlerin. / DR

 

Le Maroc était tellement habitué aux invasions de cet insecte ravageur que le «criquet pèlerin grillé» était devenu un plat à part entière. Histoire.

 

Le 3 mai dernier, dans un bulletin d’information sur le Criquet pèlerin, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a averti qu’une «une reproduction localisée a eu lieu dans le nord-ouest de la Mauritanie, où des opérations de lutte ont été entreprises, ainsi que dans l’est de l’Algérie». «Des ailés isolés étaient présents au Maroc», écrit-elle. Le bulletin ajoute qu’une «reproduction à petite échelle aura lieu au sud des monts Atlas au Maroc et en Algérie mais les effectifs acridiens resteront faibles».

Mais dans son édition de ce jeudi, le journal arabophone Al Massae s'inquiète pour la région de Marrakech qui serait menacée par une invasion de criquets. Des sources du journal précisent que des œufs de criquets pèlerins ont été découverts dans la commune d’Oued El Boor, dans la province de Chichaoua. «Une superficie de pas moins de soixante hectares aurait été investie par des criquets pèlerins pour leur reproduction», ajoutent-elles. De quoi mobiliser le ministère de l’Intérieur, dont dépend le Centre national de lutte antiacridienne, ainsi que le Centre régional de Marrakech et les autorités locales de la région.

Selon la FAO, «un tout petit essaim mange la même quantité de nourriture en un jour qu'environ 35 000 personnes» alors qu'un insecte adulte est «capable de consommer une quantité de nourriture égale à son propre poids chaque jour - soit environ deux grammes par jour». Pour le cas des criquets pèlerins, une femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs au cours de sa vie.

Mais l’invasion des criquets pèlerins au Maroc n’est pas une histoire récente. Les autorités, marocaine et onusienne, alertent régulièrement sur les éventuelles cas d’invasion. Rien qu’en 2016, la FAO avait mis en garde le Maroc, appelant ses autorités à doubler la vigilance. Et c’est le cas même durant le siècle précédent.

 

Les invasions de criquets pèlerins, une monnaie courante au Maroc

 

«Depuis 1914, les phases de rémission au Maroc, et c'est pratiquement le même cas dans plusieurs autres pays, ont eu une durée variant de 5 à 13 années auxquelles ont succédé inéluctablement des cycles d'invasion plus ou moins courts, d'intensité variable (de quelques milliers d'hectares à près de cinq millions d'hectares traités au cours de la dernière invasion», rapporte Rachid Lakhdar dans «La lutte anti-acridienne au plan national, une action permanente : enseignements et propositions».

 

Le Maroc et les criquets pèlerins, une histoire aussi dangereuse que «croustillante»

 

Le Maroc avait en effet connu six cycles d'invasions d'ampleur variable par le criquet pèlerin, connu sous son nom scientifique Schistocerca gregaria.

Le chercheur marocain Ahmed Asrifi précise de son côté que «de 1914 à 1988, le Maroc a été envahi 33 fois par ce fléau». «Des essaims se sont souvent cantonnés dans le Sud et le Centre du pays, mais des cas d'invasions généralisées sont rapportés, à titre d'exemple les années 1918-19, 1929-30 et 1954-55.

Le Criquet pèlerin, de la famille des Acrididae et de la sous-famille des Cyrtacanthacridinae, est l'une des espèces de criquets les plus importantes, précise de son côté Michel Lecoq dans «Le Criquet pèlerin. Enseignements de la dernière invasion et perspectives offertes par la biomodélisation».  Il cite notamment la «grande mobilité» de ce criquet, «son aire d'invasion très vaste, son grand potentiel reproducteur, sa capacité à multiplier très rapidement ses effectifs, sa capacité à consommer chaque jour son propre poids de nourriture fraîche et sa capacité à s'attaquer à une très large gamme de cultures et de leur causer des dégâts très sévères». «Cet acridien est considéré depuis l'Antiquité comme l'un des principaux fléaux de humanité dans l'Ancien Monde ; des ravages s'étendant à la majorité des pays arides et semi-arides, de la côte ouest de l'Afrique à l'Inde», ajoute-t-il.

 

 

Quand le criquet pèlerin grillé était un plat au Maroc

 

Et cela est d’ailleurs vrai pour le Maroc. Les invasions de criquets pèlerins sont généralement associées à des périodes de sécheresse et de famine. «La famine avait débuté en 1776 lorsque les criquets avaient investi le Souss et ses environs. La situation s'est relativement améliorée au cours des deux années suivantes à cause des pluies, mais une nouvelle vague de criquets va bientôt toucher la plupart des régions du Maroc et la sécheresse frappe de 1779 à 1782 annonçant les «pires années et l’ouverture de la porte de l'enfer de la famine», raconte Ahmed Asrifi dans un autre article sur le sujet.

Dans un article paru en 2008 sur la famine au Maroc, Mohamed Benaziz rapporte pour sa part l’impact de la sécheresse sur la population marocaine et l’apparition de maladie et d’invasion de criquets pèlerins lors de la crise ayant frappé le Maroc entre 1878 et 1883.

Des marchands de criquets au Maroc en 1945. / Ph. Moroccan History

Des marchands de criquets au Maroc en 1945. / Ph. Moroccan History

 

Avec l’ensemble de ces invasions ayant coïncidé des périodes où le Maroc était frappé de plein fouet par la sécheresse et la famine, le criquet pèlerin s’est transformé d’ennemi pour l’agriculture à une composante du régime alimentaire des Marocains. D’ailleurs, pour la famine de 1945, connu aussi sous le nom de «Am El Boun», Ahmed ASFIRI rapporte :

 

«L’invasion des essaims de criquets [débutait] de Ouarzazate où [l’insecte a] commencé à dévorer tout le vert du sol, arrivant aux fleurs d’amandier d’Imintanout (région de Marrakech). Même les oasis de Draa et la région de Souss n’ont pas été épargnée (…) Les criquets sont aussi devenus, cuits dans l’huile ou grillé, un repas majeur et d'une grande importance chez les Marocains.»

Ahmed Asrifi

 

(https://www.yabiladi.com/articles/details/78095/maroc-criquets-pelerins-histoire-aussi.html)

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 07:19

LE MAROC A ENREGISTRÉ 8 610 CAS DE CONTAMINATION AU COVID-19 DEPUIS LE DÉBUT DE L’ÉPIDÉMIE, DONT 212 DÉCÈS ET 7 618 PERSONNES GUÉRIES ALORS QUE LE NOMBRE TOTAL DE CAS EXCLUS APRÈS DES RÉSULTATS NÉGATIFS S’ÉLÈVE À 380 532.

 

Voici les principaux points de la déclaration donnée ce Vendredi à 18h00, par le coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la santé, Mouad Mrabet  :

– 8 610 est le nombre total des personnes contaminées au Covid-19 depuis de début de l’épidémie au Maroc, Soit une hausse de 73 cas en 24 heures.  Le taux de contamination est de : 23.7/100.000 habitants.

Ces nouveaux cas ont été enregistrés dans les régions de Marrakech-Safi (32 cas), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (26), Fès-Meknès (9), Casablanca-Settat (5) et Rabat-Salé-Kénitra (01).

– 35 nouvelles rémissions ont été enregistrées lors de ces dernières 24h. Le nombre total de guérisons s’élève à 7 618. Le taux de rémission national est de 88.5%.

–Un nouveau décès a été enregistré à Tanger. Le nombre total de décès dus au coronavirus s’établit désormais à 212. Le taux de mortalité national s’établit toujours à 2.5%.

– Le nombre des cas actifs, soit les personnes toujours prises en charge par les établissements de santé, est de 780, avec un taux de 2.1/100.000 habitants.

– Les cas actifs se répartissent principalement comme suit :
246 personnes dans la région de Casablanca-Settat,  198 à Marrakech-Safi, 156 à Tanger-Tétouan-Al Hoceima et 85 à Rabat-Salé-Kénitra.

– Au total, 10 cas se trouvent dans un état critique :

7 personnes à Casablanca dont deux sont sous respiration artificielle.
3 personnes à Tanger dont deux sous respiration artificielle également.

Le classement des cas par régions :

Covid-19 au Maroc : le bilan du ministère de la Santé, ce Vendredi 12 Juin à 18h

Covid-19 au Maroc : le bilan du ministère de la Santé, ce Vendredi 12 Juin à 18h

 

 

(https://www.lavieeco.com/coronavirus/covid-19-au-maroc-le-bilan-du-ministere-de-la-sante-ce-vendredi-12-juin-a-18h/)

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 07:12

Quelques nouvelles de la pandémie au Maroc en général et région par région.

 

https://www.yabiladi.com/articles/details/92917/maroc-nouveaux-coronavirus-remissions-trois.html

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 07:55

 

 

 Vous le savez tous, l’école s’arrête, les commerces en dehors des alimentaires et pharmacies vont fermer.

 

À la clinique TOUT ce qui n’est pas URGENT doit être déprogrammé ( prothèse de hanche reconstruction hernie etc ... ) car nous devons accueillir le trop plein de patients des Hôpitaux

 Et nous sommes en attente d’être réquisitionnés

 Nous avons reçu nos feuilles de route

 Tout ça vous le savez

 

 Par un confrère qui vient d’avoir sa greffe de moelle et qui est donc la cible la plus fragile de ce virus , à l’hôpital Saint Louis, son hématologue vient de lui dire qu on attendait un pic de patients le 30 mars

 D’où ce confinement de 14 jours avant pour tenter de limiter les dégâts

 

 Nous avons reçu aussi ces Consignes.

 Je vous les transmets SANS Psychose

 C’est juste du bon sens

 Protégeons simplement les deux âges extrêmes de la Vie ... les bébés et nos anciens

 

  Information d'un chercheur collaborant avec le groupe de travail qui lutte contre l'épidémie de coronavirus:

 Nous transmettons ici à tous des informations claires, simples et accessibles, qui décrivent exactement ce qu'est le virus Covid-19 (Coronavirus), comment il se transmet d'une personne à l'autre et comment il peut être neutralisé dans la vie de tous les jours.

 

 L'infection par le virus ne provoque pas un rhume avec écoulement nasal ou une toux grasse, mais une toux sèche, c'est la chose la plus facile à reconnaître.

 

 Le virus ne résiste pas à la chaleur et meurt s'il est exposé à des températures de 26-27 degrés : il faut donc souvent consommer des boissons chaudes comme du thé, de la tisane ou de la soupe pendant la journée, ou simplement de l'eau chaude : les liquides chauds neutralisent le virus, donc évitez de boire de l'eau glacée.

 

 Et pour ceux qui peuvent le faire, exposez-vous au soleil !

 

 1. La taille du virus est assez grande (diamètre d'environ 400-500 nanomètres), donc n'importe quel type de masque peut l'arrêter : dans la vie normale, les masques spéciaux ne sont pas nécessaires, des masques simples suffisent.

 

 En revanche, la situation est différente pour les médecins et les professionnels de santé qui sont exposés à de fortes charges virales et doivent utiliser des équipements spéciaux.

 

 2. Lorsque le virus se trouve sur des surfaces métalliques, il survit pendant environ 12 heures.  Ainsi, lorsque vous touchez des surfaces métalliques telles que des poignées de portes, des appareils électroménagers, des barres de tramways, etc., lavez-vous bien les mains et désinfectez-les soigneusement.

 

 3. Le virus peut vivre niché dans les vêtements et les tissus pendant environ 6/12 heures : les détergents normaux peuvent le tuer.  Pour les vêtements qui ne peuvent pas être lavés tous les jours, vous pouvez les exposer au soleil de façon prolongée, le Covid 19 ne résistera pas.

 

 Comment le Covid 19 se manifeste :

 

 1. Le virus s'installe d'abord dans la gorge, provoquant une inflammation et une sensation de gorge sèche : ce symptôme peut durer 3/4 jours.

 

 2. le virus voyage ensuite à travers l'humidité présente dans les voies respiratoires, descend dans la trachée, puis s'installe dans les poumons, provoquant une pneumonie.  Cette étape dure environ 5/6 jours.

 

 3. La pneumonie se produit par une forte fièvre et des difficultés à respirer, mais elle n'est pas accompagnée des frissonnements classiques. Si vous avez la sensation de vous étouffer, contactez immédiatement votre médecin.

 

 Comment pouvez-vous l'éviter ?

 

 1. La transmission du virus se fait surtout par contact direct, en touchant des tissus ou des matériaux sur lesquels le virus est présent : il est essentiel de se laver les mains fréquemment.

 

 Le virus ne survit sur vos mains que pendant une dizaine de minutes, mais en dix minutes, beaucoup de choses peuvent arriver :  se frotter les yeux ou se gratter le nez par exemple, et ainsi laissez le virus entrer dans votre gorge...

 

 Alors, pour votre propre bien et pour celui des autres, lavez-vous les mains très souvent et désinfectez-les !

 

 2. Vous pouvez vous gargariser avec une solution désinfectante qui élimine ou minimise la quantité de virus qui pourrait entrer dans votre gorge, ainsi vous l'éliminez avant qu'il ne descende dans la trachée puis dans les poumons.

 

 3. désinfecter le clavier des ordinateurs et des téléphones portables.

 

 De plus, le Covid19 peut ne pas présenter de signes d'infection pendant de nombreux jours, pendant lesquels on ne peut pas savoir si une personne est infectée ou pas. 

 Mais lorsque vous avez de la fièvre et/ou que vous toussez, vos poumons sont généralement déjà pris à 50 %.

 Les experts suggèrent donc de faire une simple vérification que l'on peut faire soi-même tous les matins :

 Prenez une grande respiration et retenez votre souffle pendant plus de 10 secondes.  Si vous y parvenez sans tousser, sans sentiment d'oppression, etc., cela montre qu'il n'y a pas de fibrose dans les poumons, ce qui indique essentiellement l'absence d'infection.

 

 Dans des moments aussi critiques, faites cette vérification chaque matin dans un environnement d'air propre.

 

 Ce sont là des informations et des conseils simples  de médecins qui traitent les cas de COVID-19. 

 

 Autre conseil simple, on doit s'assurer de garder la gorge humide, au moins la moins sèche possible.  Buvez quelques gorgées d'eau au moins toutes les 15 à 20 minutes. 

 POURQUOI ?  Même si le virus pénètre dans votre bouche... l'eau ou d'autres liquides l'emporteront par l'œsophage et dans l'estomac. 

 Une fois dans l'estomac, l'acide gastrique va tuer le virus.  Si vous ne buvez pas assez d'eau régulièrement, le virus pourra ainsi pénétrer plus facilement dans vos poumons. 

 

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 09:03
Agadir : Coup d’envoi du festival culturel international célébrant le nouvel an amazigh

 

La 8e édition du festival culturel international célébrant le nouvel an amazigh s’est ouverte vendredi à Agadir, avec au programme trois jours d’activités placées sous le thème «Quelle stratégie régionale à Souss-Massa pour mettre en œuvre le caractère officiel de la langue amazighe ?».

 

Fatima Chahou, présidente de l’association organisatrice, Tairi N Wakal, a estimé que la célébration du nouvel an amazigh est l’une des facettes de l’identité culturelle plurielle du Maroc et représente aussi une occasion de célébrer le calendrier agricole et les richesses de la terre. Le thème de cette édition s’inscrit en harmonie avec la volonté de réussir la régionalisation avancée, ainsi que d’impliquer la société civile aux côtés des différents départements gouvernementaux et institutions dans la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, a-t-elle ajouté.

 De son côté, le professeur chercheur, spécialiste de l’anthropologie, Lahoucine Bouyaakoubi, a indiqué que la célébration du nouvel an amazigh est une tradition ancestrale intimement liée, dans la culture marocaine, à la célébration de la terre, l’agriculture et les richesses agricoles, à travers différentes formes de festivités et d’expressions culturelles.

Lahoucine Bouyaakoubi, président de l’association de l’université d’été amazighe d’Agadir, a expliqué qu’avec la prise de conscience de l’identité amazighe, de nouvelles formes de traditions ont vu le jour à l’initiative des associations culturelles, notamment amazighes, comme l’organisation de conférences, spectacles et rencontres scientifiques.

La première journée de ce festival a été marquée par l’organisation d’une conférence internationale sur «Les revendications amazighes en Afrique du Nord» dans la salle Brahim Radi de la municipalité d’Agadir, avec la participation notamment de M. Bouyaakoubi et du chercheur algérien Nacer Djabi.

Une autre conférence est au programme de cet évènement avec pour thème «Le mouvement amazigh aujourd’hui : quelle stratégie après l’officialisation de l’amazighe ?», en plus d’une grande soirée artistique pour célébrer le nouvel an amazigh 2970, avec la participation d’Ahwach (Souss), Lahoucine Taous (Souss), El Batoul El Marwani (art hassani) et Omar Boutmzougt (Moyen Atlas).

Ce festival portera aussi sur l’organisation d’un défilé de mode, d’une exposition de l’artisanat amazighe, de spectacles de rue et d’hommages qui seront rendus à des personnalités du monde de la culture et des sports.

Le festival est organisé avec le soutien de la wilaya de la région de Souss-Massa, le Conseil régional, le ministère de la Culture, de la jeunesse et des sports, le Conseil de la préfecture d’Agadir-Ida Outanane, le Conseil communal d’Agadir, la Maison de l’Artisan et plusieurs acteurs économiques.

 

(https://fr.hespress.com/120739-agadir-coup-denvoi-du-festival-culturel-international-celebrant-le-nouvel-an-amazigh.html)

 

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 08:50

Alors que la majeure partie des Marocains oublient son existence, une frange de la population notamment les Imazighen, s’active déjà dans les préparatifs de la célébration de ce nouvel an basé sur un calendrier agraire.

 

Lors du Nouvel An Amazigh, des sfenj (beignets), toghrifin (crêpes) sont dégustés en famille ou entre amis / DR

Lors du Nouvel An Amazigh, des sfenj (beignets), toghrifin (crêpes) sont dégustés en famille ou entre amis / DR

La culture amazighe traditionnelle est pétrie de symboles et de valeurs dérivées essentiellement de la civilisation agraire. «La société amazighe a développé une culture qui célèbre l'unité profonde entre l'homme et la nature», rappelle Ahmed Boukous, recteur de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) sis à Rabat.

La célébration de cette journée marque, selon lui, une renaissance de l'amazighité depuis la seconde moitié du siècle dernier ainsi qu’une signification identitaire collective. Plus loin dans l'histoire, le calendrier amazigh démarre, selon certains historiens, à l'intronisation du pharaon amazigh Sheshonq 1er.

Ahmed Boukous rappelle que «le nouvel an amazigh s'inscrit, par sa signification anthropologique dans la culture nationale». Le recteur de l’IRCAM trouve «juste et logique qu'il soit partagé par toutes les composantes de la nation marocaine et donc reconnu et fêté à l'échelle nationale».

 

Célébration collective au Maroc et partout dans le monde

 

Pour beaucoup de Marocains, Yennayer est d'abord l'occasion de se rencontrer et fêter la nouvelle année dans un bain culturel amazigh. Des «sfenj» (beignets),«toghrifin» (crêpes) ainsi que des fruits secs telles que figues, amandes, noisettes, dattes entre autres sont également au rendez-vous.

De nombreux citoyens attachés à l'identité amazighe le célèbrent en famille ou collectivement. Kaoutar, étudiante à Agadir se rendra, pour sa part, chez ses parents à Tiznit pour l’occasion et pour déguster des gâteaux et de la «tagoulla», un mets à base de grains de maïs ou de blé.

Salima, étudiante en Virginie, aux Etats-Unis est originaire d'Agadir, où elle a vécu jusqu'à l’âge de 15 ans. Elle se dit «fière d'être un cocktail amazigh» et s’insurge contre la négligence de l’évènement. «Le diner ce jour là doit être servi tard et se doit d'être copieux, ce qui aux yeux des Imazighen augurera une année abondante», nous explique t-elle.

De l’avis de la jeune femme, actuellement dans certaines régions du Maroc, la célébration de Yennayer n'a perdu ni de sa fraicheur ni de son authenticité. Elle déclare cependant «avoir perdu tout espoir concernant la reconnaissance de cette date comme jour férié au Maroc». 

 

 

(https://www.yabiladi.com/articles/details/8352/yennayer-nouvel-amazigh-entre-celebration.html)

 

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 09:24

Face à un secteur en mutation et des Marocains qui boudent ces salles obscures, plusieurs cinémas et théâtres au Maroc ont été contraints de mettre la clé sous la porte. Zoom sur quatre théâtres et cinémas mythiques, fermés ou détruits au Maroc.
 

La baisse des nombres de cinéphiles au Maroc, causée par plusieurs mutations et développements technologiques, a mis fin à plusieurs salles de cinémas. Si certaines jeunes salles n’ont pas survécu à cette phases, d’autres luttent toujours pour continuer d’exister.

Mais le Maroc a déjà perdu plusieurs salles de cinémas et théâtres presque centenaires datant de l’époque coloniale. Si plusieurs d’entre eux sont, depuis, des bâtiments en ruine, d’autres avaient cédé à coup de bulldozers et d’engins.

 

Ciné-Palace Théâtre de Marrakech, 40 ans de cinémas remplacés par un hôtel

 


 

Le Ciné-Palace Théâtre de Marrakech, situé sis Boulevard Moulay Rachid à Marrakech.

Le Ciné-Palace Théâtre de Marrakech, situé sis Boulevard Moulay Rachid à Marrakech.

Résister pendant plus de trente ans avant de succomber à la folie de construction d'hôtels à Marrakech. Tel est le résumé de l'histoire du légendaire Ciné-Palace Théâtre de Marrakech, situé sis boulevard Moulay Rachid à Guéliz.

Construit, dans les années 1926, par l'architecte Serge Escharavil alors que le pays est sous le protectorat français, le complexe était l’idée d’un certain «Monsieur Friggeri» qui rêvait de mettre en place un cinéma dans le style art-déco, comme l'Eden des frères Lumière, rapporte Made-in-Marrakech. A l'époque de son ouverture, Ciné-Palace Théâtre était alors «le premier lieu pluriculturel du royaume».

A l'origine, le complexe comptait deux salles couvertes, dont le Cinéma Lux et une salle en plein air. «Les meilleures troupes de l'époque et des stars internationalement reconnues comme Nate King Cole ou encore Rita Hayworth s'y sont d'ailleurs produites dans les années 30», rapportait en 2014 le magazine Marrakech Pocket.

Mais les 40 ans de succès de ce complexe n'empêcheront pas les propriétaires de rendre les armes. Le légendaire Ciné-Palace Théâtre est alors fermé en 1984, laissant le bâtiment à l'abandon.

En 2014, grâce à la mobilisation des acteurs associatifs, à l’instar de la section locale de l'ONG Save Cinemas in Morocco et l'association des amis du Ciné-théâtre Palace, celui-ci ouvrira ses portes une dernière fois pour abriter l'événement «Guéliz en fête» lors de la journée mondiale du patrimoine.

Mais, après bientôt un siècle d'existence, le Ciné Théâtre Palace a été partiellement détruit en octobre 2018. Sur sa page Facebook, l'association Save Cinemas In Morocco a déploré que les travaux de démolition soient les prémices d'un «futur chantier d’hôtel» d'un propriétaire originaire des pays du golfe, qui viendra se hisser à la place du mythique édifice.

 

Cinéma Salam à Agadir ou la malédiction de «Godzilla»

 

Cinéma Salam à Agadir. / DR

Cinéma Salam à Agadir. / DR

 

Dans les années 1940, la population de la région de Souss-Massa a vu la construction de l'un de ses cinémas les plus emblématiques. Cinéma Salam (paix) se dressait alors au milieu du quartier industriel d'Agadir, avec une histoire inhabituelle mais intéressante à raconter.

Conçu par l'architecte français George Appéré pour le compte de l'homme d'affaires marocain Boubker Fakih Tetouani en 1946, l’édifice, dont l'architecture et le design étaient difficiles à ignorer, appartenait à un autre homme d'affaires basé à Agadir, appelé Yahia Yahia ou Si Yahia Ben Idder, selon des témoignages.

Sur une superficie de 1 200 mètres carrés, Cinema Salam était alors le lieu incontournable des jeunes et des cinéphiles des années 1940, 1950 et 1960, écrit Le360. En plus de son architecture extérieure moderne, inhabituelle et artistique, le cinéma était devenu célèbre après une coïncidence dramatique qui s'est produite dans les années 1960.

Le 29 février 1960, Agadir est frappée par l'un des tremblements de terre les plus meurtriers de l’histoire du Maroc. Alors que la ville s'effondrait, 400 personnes étaient à l'intérieur du Cinéma Salam pour la première projection du film japonais de 1954 «Godzilla», écrivait l’agence turque Anadolu dans un article de 2015.

Et tandis que «Godzilla», un dinosaure géant fictif, détruisait une île japonaise dans le film, la ville d'Agadir subissait le même sort causé par le tremblement de terre. Lorsque les spectateurs du cinéma quittent la salle, l’impression que «Godzilla» était aussi passé par Agadir traversa leurs esprits, confus à cause d’un mélange entre la peur et l’incompréhension.

Le cinéma Salam avait finalement survécu au tremblement de terre, restant la seule salle de cinéma d'Agadir en activité jusqu'aux années 1980, mais elle serait actuellement fermée.

 

El Gran Teatro Cervantes, le seul théâtre qui renaît de ses cendres

 

 

La grande salle du théâtre Cervantès, à Tanger, en janvier 2014. / Ph. Fadel Senna - AFP

La grande salle du théâtre Cervantès, à Tanger, en janvier 2014. / Ph. Fadel Senna - AFP

Bien qu’il ait fêté en 2013 son centenaire, El Gran Teatro Cervantes, le grand théâtre Cervantes de Tanger, a été abandonné depuis de longues années.

Construit entre 1911 à 1913 par le couple d’émigrés de Cadix à Tanger, Manuel Peña et doña Esperanza Orellana, le majestueux théâtre a été inauguré en 1913, avec une capacité de 1 400 places, faisant de lui, à l’époque, un bijou culturel d’une ville sous administration internationale. Grâce à l’architecte Diego Jiménez Armstrong, le bâtiment était l’un des «premiers édifices en béton armé de l’époque, les matériaux nécessaires à sa construction ont dû être importés d’Espagne», rapportait Made-in-Tanger.

Au cours de sa longue vie, El Gran Teatro Cervantes sera l’endroit culturel de premier choix à Tanger. Le théâtre abritera des reproductions d’Othelo de Shakespeare, Saladin de Nagib Hadded, le ténor italien Caruso, la comédienne française Cécile Sorel, ou encore la star égyptienne Youssef Wahbi, écrit France Culture. De grandes vedettes espagnoles viendront aussi se produire sur son scène.

Il se transformera même en «salle de cinéma et de catch». Cédé par ses propriétaires à l’Etat espagnol, le théâtre mettra toutefois la clé sous la porte, en 1974, bien qu’il ait été «longtemps loué pour un dirham symbolique au Maroc, tout en restant la propriété de l’Espagne», précise Le Monde en février dernier.

Et c’est cette année que l’Espagne a annoncé qu’elle cède cet édifice au gouvernement marocain. Un «don irrévocable» que le Maroc s’est engagé à restaurer. En juillet dernier, l’agence espagnole EFE a indiqué que le conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a approuvé un budget de cinq millions de dirhams pour à la restauration d’El Gran Teatro Cervantes.

 

Cinéma Marhaba à El Jadida, fermé à cause de «Titanic» ?

 

 

Le cinéma Marhaba à El Jadida, remplacé depuis 2001 par un centre commercial. / DR

Le cinéma Marhaba à El Jadida, remplacé depuis 2001 par un centre commercial. / DR

 

Le quotidien francophone L’Economiste avait rappelé que la salle de cinéma était l’un des rares lieux de divertissement des habitants de la petite ville au sud de Casablanca.

Cinéma Marhaba a ouvert ses portes en 1953. C'était l'un des projets locaux financés et initiés par une entreprise locale appelée Société Parquet. C’est dans le cadre d’une initiative touristique visant à attirer des visiteurs et divertir les clients d'un hôtel dans la même ville que l’idée de construire une salle de cinéma avait émergée.

Pendant des années, Marhaba avait attiré de nombreux cinéphiles, dont cet habitant originaire d'El Jadida qui se souvient encore de la dernière fois qu'il y assistait à un film. A la fin des années 1990, ce Jdidi, contacté par Yabialdi, est allé au cinéma Marhaba pour regarder le film de James Cameron «Titanic», alors récemment sorti.
Mais en plein milieu du film, les participants auraient «perdu la raison à cause des événements du film et ont commencé à se battre». Le public s’est réparti en deux groupes principaux, «ceux qui soutenaient l’histoire d’amour de Jack et Rose et les partisans du fiancé de l’héroïne du film», se remémore-t-il.

«Les deux groupes ont commencé à se battre, endommageant au passage certains équipements du cinéma, y compris les chaises», ajoute le natif d'El Jadida. Les autorités de la ville étaient même intervenues pour mettre fin au «chaos» qui s'était produit.

Et c'était la dernière fois que ce cinéphile mettait les pieds au Cinéma Marhaba, détruit le 5 janvier 2001 après avoir été racheté par un autre entrepreneur.

 

( https://www.yabiladi.com/articles/details/87110/quatre-salles-cinema-theatres-fermes.html )




 

 

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 07:08
Découverte de gaz naturel "en abondance" au Maroc

Chariot oil & Gas ltd dispose d’un potentiel “pour un projet important et de grande valeur, susceptible d’avoir une importance stratégique”. C’est ce que révèle un rapport commandé par la société sur la licence, Lixus, dans la région de Larache.

 

Bonne nouvelle pour Chariot oil & Gas ltd. Le rapport commandé sur la licence, Lixus, dans la région de Larache a confirmé le potentiel des puits “Anchois discovery” et “Anchois satellite”, ainsi que de cinq autres perspectives de puits, rapporte TelQuel. Selon le cabinet spécialisé, Netherland sewell & Associates inc, en charge de l’étude, ces résultats dépasseraient même toutes les prévisions.

Le potentiel avoisine les 2.000 milliards de pieds cubes de gaz naturel récupérables, répartis sur cinq perspectives de la licence, Lixus. “Le rapport a également révélé un potentiel d’un trillion de pieds cubes de gaz sur le permis Anchois”, a fait savoir la compagnie britannique, dans un communiqué. Ces estimations vont au-delà de celles annoncées par la compagnie en juin dernier.

Pour Larry Bottomley, Directeur général de la société gazière, il s’agit d’une capacité de production “intéressante”. Cela représente un point crucial, notamment, dans un “marché de l’énergie en forte croissance, caractérisé par des prix du gaz élevés et un besoin accru d’approvisionnement”, a-t-il indiqué.

 

(https://www.bladi.net/maroc-gaz-naturel-abondance,59630.html)

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 06:55
Faillite de Thomas Cook : au moins 200 MDH de pertes pour les Marocains

 

Au lendemain de l'annonce de la faillite de Thomas Cook, les professionnels marocains du tourisme ne parlent que de l'affaire de ce Tour Opérateur européen. Sollicités par Médias24, les présidents de deux grands groupes touristiques avancent que cette faillite aura des répercussions financières négatives sur le court et moyen-terme. Selon eux, certains hôteliers devront faire face à des créances impayées d'environ 200 MDH et voir leur chiffre d'affaires baisser s'ils ne trouvent pas un autre partenaire.

 

Dans le secteur touristique, tous les opérateurs ne parlent que de la faillite du grand voyagiste anglais et de ses conséquences sur le tourisme marocain. La situation est d'ailleurs jugée tellement grave qu'une cellule de crise a été créée au ministère du tourisme pour gérer son impact et aussi préparer le rapatriement des milliers de clients de Thomas Cook toujours présents au Maroc. 

 

Toute la profession ne parle que de Thomas Cook

 

Sollicité par Médias24, le président d'un grand groupe hôtelier, détenteur de plusieurs actifs à Marrakech et Agadir parle de mauvaise nouvelle pour le tourisme et in fine l'économie marocaine.

"Personne ne peut se réjouir de la faillite d'un opérateur de cette importance parce qu'elle questionne et touche tout le secteur qu'il soit marocain ou mondial.

"C'est d'autant plus grave qu'à l'occasion du World Travel Market à Londres en 2017, l'ancien DG de l'ONMT avait signé un accord prévoyant l'accueil de 400.000 clients par an de Thomas Cook à l'horizon 2020", se désole notre interlocuteur qui requiert l'anonymat.

 

Conséquences financières à court et moyen-terme

 

Selon lui, la faillite du plus grand voyagiste d'Angleterre aura deux conséquences directes sur les hôteliers marocains qui seront les principales victimes.

"En premier lieu, ils devront gérer les factures impayées de séjour qui ne seront pas payées par TC.

"Ces créances vont peser immédiatement sur les comptes de l'année en cours. Les pertes exceptionnelles dues aux créances compromises, essuyées par les opérateurs hôteliers en majorité, atteindront aisément une fourchette comprise entre 15 et 20 millions d'euros (170 à 220 MDH).

"Ensuite, il y aura un manque à gagner important qui se traduira par une baisse du chiffre d'affaires pour les semaines, mois et même années à venir. Cette baisse pourrait s'élever à 20%. En effet, même avec toute la bonne volonté du monde, on ne remplace pas un client de cette envergure du jour au lendemain".

 

Effet domino ravageur

 

"De plus, la perte de ce client va entraîner un effet mécanique sur toute la chaîne de valeur à savoir les professionnels de l'hébergement, des transports, de la restauration...

"Pour ceux qui sont liés à TC, la chaîne va se gripper mais ils devront continuer à payer leurs charges fixes (salaires, CNSS ?). Sachant que les opérateurs liés d'une manière ou d'une autre à TC seront touchés à des degrés différents, une partie de la profession va donc trinquer et souffrir financièrement.

"Au final, cette histoire va toucher tout le secteur et in fine l'économie du Maroc", conclut pessimiste notre source qui espère, sans être convaincue, que les hôteliers lésés auront pris la peine de se faire assurer pour faire face à ce genre d'événements exceptionnels.

Sollicité à son tour, Othman Cherif Alami qui préside le groupe Atlas Voyages, 1er T.O. du Maroc, confirme dans un premier temps que toute la profession ne parle que de cette faillite même s'il tient à préciser que certains, dont lui, se doutaient bien d'une pareille issue.

 

200 millions de DH de pertes pour le secteur hôtelier

 

"C'est un monument historique qui vient de s'écrouler. Les pertes de ses partenaires vont être gigantesques à l'international (1,9 milliard de livres sterling de dettes) et significatives au Maroc.

"Sachant que notre pays recevait 100.000 à 150.000 clients de ce voyagiste, le montant de la perte sera au moins de l'ordre de 200 millions de dirhams.

"Idem pour le volume des nuitées perdues qui devrait atteindre 700.000 à 1 million de car les clients de TC séjournaient en moyenne 7 nuits au Maroc".

Interrogé sur la répartition de l'ardoise laissée par le voyagiste anglais au Maroc, le président affirme qu'elle sera considérable pour les hôteliers qui n'ont pas été payés les mois de juin, juillet et d'août.

"80% des 200 MDH d'impayés concernent les hôteliers et pour le reste, ce sont les prestataires de services, les restaurateurs, transporteurs, excursions?"

 

Possible remboursement des créanciers

 

"Il faut cependant préciser qu'une partie de cette dette sera remboursée car la filiale TC Paris, d'où vient au moins la moitié des clients, a affirmé ne pas être concernée par la faillite de la maison-mère.

"Cela veut dire que les hôteliers marocains seront peut-être remboursés à hauteur de 50% voire 75%", espère Alami qui pense que malgré ce coup dur, le secteur dépendant de TC finira par s'en remettre.

D'autres voyagistes prendront la relève

"Ceci dit, la clientèle de ce voyagiste n'est pas définitivement perdue car elle finira par revenir par le biais d'autres T.O. comme TUI ou d'autres de taille plus modeste.

"En fait, cette faillite ouvre le secteur à un changement de business-model plus prudent et moins dépensier. En effet, malgré ses 100 avions, plusieurs centaines de clubs-vacances, plusieurs millions de clients, TC s'est lancé dans des investissements inconsidérés et n'a pas su gérer les crises mondiales du tourisme (terrorisme?) et la force croissante des low-cost", conclut le président.

 

(https://www.medias24.com/faillite-de-thomas-cook-au-moins-200-mdh-de-pertes-pour-les-marocains-4513.html)

 

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 07:03
La darija, ce mélange de langues inventé par les Marocains pour unifier leurs dialectes

Mal comprise par les populations du Moyen-Orient et même des fois ceux de nos voisins maghrébins, mélange d’expressions et de langues étrangères, notre darija est une «lingua franca» inventée pour nous permettre de communiquer et se comprendre. Mais notre dialecte est-il plus proche de l’arabe classique ou de l’amazighe ?  

 

Au fils des siècles, les Marocains ont appris de nouveaux mots à la faveur des échanges commerciaux et humains avec leurs voisins. L’amazighe, langue parlée par les autochtones du pays, a elle-même été influencée par les langues de plusieurs conquérants, comme les Phéniciens et les Romains.

A l’arrivée des Arabes au Maghreb, arabe classique et amazighe laisseront place à la Darija, un dialecte standard qui permettra aux Marocains peu importe leur origine de communiquer entre eux.

La question de la proximité entre la Darija et l’amazighe d’une part, et la Darija et l’arabe classique d’une autre, a fasciné des historiens et des linguistes. Si certains tendent à la rapprocher de l’arabe classique, d’autres pensent qu’elle reste plus proches, phonétiquement et syntaxiquement de l’amazighe.

 

La darija, dérivée de l’arabe classique

 

 

Dans «Women, Gender, and Language in Morocco» (Editions Brill, 2003), Fatima Sadiqi affirme que «l'arabe marocain ou darija partage de nombreux aspects linguistiques avec l'arabe standard». Elle rappelle que la plupart des travaux linguistiques sur l’histoire des dialectes arabes les raccrochent de l’arabe classique. Ils considèrent en effet que l'arabe classique et la darija ont un ancêtre commun. D'ailleurs, l’arabe classique n'a jamais été parlé comme langue de la vie quotidienne, selon Fatima Sadiqi.

«Dans sa forme actuelle, l’arabe marocain a perdu une grande partie de sa ressemblance morpho-syntaxique, lexicale et phonologique avec l’arabe standard. À l'instar du berbère, l'arabe marocain n'est pas une langue homogène, car plusieurs dialectes de l'arabe marocain sont parlés dans diverses zones géographiques du Maroc.»

Fatima Sadiqi

Aleya Rouchdy, auteure de «Language Contact and Language Conflict in Arabic» (Editions Routledge, 2013), estime de son côté que «l'arabe marocain (darja) est une variété faible (de l'arabe classique) étant donné qu'il n'est ni codifié ni normalisé». Variété parlée, selon elle, par la grande majorité de la population, la darija «se caractérise, phonologiquement, par une chute de la voyelle» par rapport à l’arabe.

Mais les deux chercheuses reconnaissent que «l'arabe marocain a beaucoup emprunté» aux autres langues. Aleya Rouchdy évoque même un emprunt du français et de l’amazigh.

 

«Par rapport au Moyen-Orient et même aux dialectes arabes maghrébins, l’arabe marocain est considéré comme la version la plus éloignée de l’arabe standard du Moyen-Orient considéré comme "pur".»

Fatima Sadiqi

 

Sur le plan linguistique, cette «déviance» est «attestée par la compression remarquable des voyelles, la grande variation phonologique et l’ordre des mots SVO (Sujet-verbe-objet), par opposition à l’ordre typique des mots VSO de l’arabe standard», détaille la chercheuse. 

 

La darija, enfant de l’arabe classique et l’amazighe ?

 

 

Elle reconnait aussi «l'influence du berbère sur l'arabe marocain aux niveaux phonologique, morphologique, syntaxique et sémantique» et qui serait en grande partie responsable de cet écart.

Mais bien avant de se pencher sur la relation entre la darija et l’amazighe, historiens et linguistes se sont intéressés à langue vernaculaire au Maghreb. Ainsi, dans «État actuel de la frontière linguistique entre l’arabe et le berbère», les deux universitaires Mostafa Benabbou et Peter Behnstedt ont rappelé que «l’histoire des usages linguistiques au Maroc doit tenir compte du passé linguistique pré-arabe». «Pour cela il faudrait interroger les vestiges pré-berbères, ceux des Phéniciens, des Romains, des Byzantins et même ceux des Vandales», écrivent-ils.

Les deux universitaires donnent l’exemple de mots romains qui marquent le passage des Romains au Maroc, comme «Lixus, Volubilis, Tingis, Zilis» pour «Larache, Walili, Tanger et Asilah», tout comme les origines grecque ou latine de certains mots. Pour eux, il faut aussi tenir compte de l’impact inverse de la défaite des Arabes, notamment à Al Andalus et l’arrivée de nouveaux éléments dans la société marocaine, à savoir les juifs, les andalous ainsi que les colons espagnols et français» sur les langues du royaume.

Et sur les ressemblances et les différences entre la darija et l’amazighe, les thèses ne manquent pas. Dans «Regards croisés de l’historien et du linguiste sur l’interaction des langues en usage au Maroc», El Houssaïn El Moujahid expose les trois hypothèses se rapportant à l’arabe marocain et l’amazighe.

 

Il rappelle d’abord que «l’accent est souvent mis sur l’étonnante et intrigante ‘’similitude’’ entre les dialectes de l’arabe marocain et ceux de l’amazigh, aux plans phonique, lexical et morpho-syntaxique». «A l’époque coloniale, les études les plus fiables, se réduisent souvent à des hypothèses intuitives et aléatoires sur les faits diachroniques, sur les mécanismes d’interférence et sur les processus d’emprunt, de calque et d’intégration, dans un sens ou dans l’autre», souligne-t-il. Des études qui concluent, selon lui, à «l’affirmation des analogies constatées entre les deux systèmes».

Ainsi, trois thèses se déclinent. La première, la thèse berbérisante (le tout amazigh) «ramène tous ces faits à une seule hypothèse : l’arabe dialectal est la traduction exacte de l’amazighe». Ceux qui soutiennent cette thèse estiment que «le lexique arabe est venu se mouler dans les structures amazighes comme la mentalité, et la culture arabe ont été assimilées par la culture amazighe».

La deuxième, la thèse arabiste (le tout arabe), «s’inscrit dans une tendance courante visant à démontrer "l’arabité des imazighen" et leur "enracinement profond dans l’arabité"», écrit-il. L’amazighe est ainsi «directement confrontée à l’arabe classique, avec une nette occultation de l’arabe dialectal en usage au Maghreb». 

 

Quant à la troisième thèse dite conciliatrice (entre-deux), elle considère que «l’arabe marocain est le produit de l’interaction entre l’arabe classique et l’amazighe». Celle-ci aurait même «contribué à l’émergence et au développement de l’arabe marocain».

Une darija pour unifier les dialectes

El Houssaïn El Moujahid expose aussi l’approche sociolinguistique qui considère l’arabe marocain et l’amazighe comme «deux pôles de la diglossie dialectal-amazighe». Cette approche reconnait que «les deux langues ne sont pas apparentées directement, l’arabe dialectal étant une langue sémitique et l’amazighe, une langue chamito-sémitique (afro-asiatique)» et que leurs structures linguistiques sont bien distinctes. Cette approche conclut que «l’amazighe constituerait la variété dominée dans le binôme dialectal-amazighe».

 

Les Marocains ont ainsi inventé une «lingua franca», soit une langue véhiculaire ou un dialecte servant de moyen de communication entre les différentes populations arabes et amazighes du royaume. Cette nécessité est «motivée par la présence de trois principaux dialectes amazighs et de nombreux sous-dialectes», avance Elabbas Benmamoun, auteur de «Perspectives on Arabic Linguistics XIX» (Editions John Benjamins Publishing, 2007).

Cette utilisation a ainsi «permis de réduire les différences entre dialectes et favoriser l’inter-compréhensibilité entre les dialectes arabes marocains», complète Fatima Sadiqi.

 

Yassine Benargane

 

 

 

https://www.yabiladi.com/articles/details/83453/darija-melange-langues-invente-marocains.html )

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