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  • : L'Amicale des Gadiris et du Souss
  • : L'association dite l’Amicale des Gadiris et du Souss fondée le 13 juin 2010, à Gradignan, a pour but de s’entraider, de se réunir entre amis, d’organiser des repas et sorties, d’éditer un bulletin.
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 07:54
Depuis quelques années, les complexes touristiques poussent comme des champignons sur la ceinture littorale allant d’Aglou jusqu’à Mirleft

Depuis quelques années, les complexes touristiques poussent comme des champignons sur la ceinture littorale allant d’Aglou jusqu’à Mirleft

Engouement sans précédent au niveau de cette magnifique ceinture littorale

A l’abri des regards, la petite commune se métamorphose sans bruit, au grand dam des pêcheurs

13 complexes résidentiels mais une infrastructure et des services de base qui ne suivent pas

Loin des regards et du bruit, le littoral d’une vingtaine de kilomètres de la petite commune rurale d’Aglou se métamorphose peu à peu. Sur la route côtière allant de ce petit village de pêcheurs jusqu’aux abords de Mirleft, on ne peut rater ces quelques complexes résidentiels. Ce qui était il y a une dizaine d’années de simples villages de pêcheurs est devenu, en l’espace de quelques années, une destination de vacances privilégiée, et surtout une zone d’investissement importante pour Tiznit. Alors que Mirleft, Lagzira et Sidi Ifni étaient jusque-là les seules plages du Sud connues par les Marocains, Aglou et Arbaa Sahel ont depuis peu le vent en poupe. Avec une ouverture directe et privée sur l’océan, ces complexes touristiques attirent une clientèle à la recherche de discrétion et de calme. Depuis quelques années, cette plage qui longe la route côtière jusqu’à Mirleft, attise la convoitise des promoteurs immobiliers. Une attirance qui s’explique par le développement d’un produit fort rentable: la résidence secondaire. Cette nouvelle formule a commencé à prendre pied avec le projet Club Evasion, le premier complexe à avoir vu le jour dans cette zone, il y a de cela dix ans. Deux kilomètres plus loin, un autre projet encore en construction est visible de la route: Palmeraie d’Aglou. S’en suivent alors plusieurs projets à différentes phases de construction. Au total, ce sont 13 projets de complexes touristiques prévus dans cette zone, avec différents produits: villas, bungalow, studios, appart/hôtels, et pas moins de 13 hôtels, dont un 5 étoiles. Cette ceinture littorale de la province de Tiznit est vouée à un avenir immobilier fructueux. La résidence secondaire attire indéniablement. Ce produit a un fort impact sur la clientèle marocaine, mais aussi étrangère depuis peu. «La majorité de notre clientèle est marocaine, pour la plupart venant de Casablanca et Kénitra», affirme Meriem Sahbi, directrice clientèle au projet Aglou Center. Ce qui séduit le plus dans cette région, c’est la combinaison de trois atouts: le climat ensoleillé presque toute l’année, la proximité d’un centre urbain (10 km de Tiznit) et la proximité d’un aéroport (Agadir ). Il y a également un autre élément important: la gestion locative. Quelques promoteurs proposent la gestion locative aux clients qui le désirent. Cette offre se développe beaucoup pour ce genre de complexes, qui ne sont occupés par les propriétaires que quelques semaines de l’année. La rentabilité est ainsi assurée à la fois pour les propriétaires et les promoteurs. Alors que les promoteurs de certains projets sont des professionnels du tourisme et de l’immobilier, d’autres ne le sont pas, ce qui pose un problème au niveau du respect de certaines réglementations liées à la spécificité de cette zone.

 

L’environnement, la question qui fâche

 

 

Avec le développement des complexes touristiques, un nouveau mode de vie s’installe petit à petit dans cette zone longtemps connue pour être la destination des caravaniers européens

Avec le développement des complexes touristiques, un nouveau mode de vie s’installe petit à petit dans cette zone longtemps connue pour être la destination des caravaniers européens

Si la plage d’Aglou a décroché le pavillon bleu, label pour la qualité du site balnéaire, quatre fois de suite, c’est surtout pour sa beauté et sa propreté. Or, la multiplication de projets dans la zone littorale pose une réelle question sur l’environnement et le degré d’implication des promoteurs immobiliers dans sa protection. La particularité de ce type de projet est qu’il se trouve dans une zone d’aménagement et d’équipement touristique, à densité contrôlée ( faible densité ou moyenne). Comme il s’agit du littoral, il y a des réglementations supplémentaires à respecter pour ce qui est relatif à l’assainissement, à l’esthétique, à la préservation de la faune pour la protection des potentialités halieutiques, principale ressource économique pour la population locale. Or, avec 13 projets au total, l’impact sera inévitable. Certain projets sont réalisés par des groupements non professionnels qui n’opèrent pas dans le domaine touristique, mais sont des amicales ou associations. Quelques projets en place ont ainsi enregistré des infractions quant au respect du paysage et au Schéma directeur de l’aménagement urbain. Les dispositions du Sdau de la région prévoient des directives qui ne sont pas toujours respectées dans les cahiers des charges. Un projet de complexe résidentiel et touristique dans la commune de Tioghza a été par exemple retardé à cause du non-respect de ces dispositions. L’empiétement sur un talvegue (le lit d’un cours d’eau) pour la création d’une piste, à partir des déblais recueillit sur terrain est en effet interdit par la loi. En outre, les déblais ont dénaturé le terrain au lieu de permettre au projet de s’intègrer dans le site et le mur de soutènement a été réalisé d’une manière qui n’est pas esthétique. «La réglementation est claire pour la construction sur le littoral et une étude d’impact est exigée du promoteur avant de donner une autorisation de construire», assure Yahia Khabout, directeur du Centre régional d’investissement de Tiznit. Il s’agit notamment de la loi sur le littoral exigeant le respect des 100 mètres non constructibles relevant du domaine public maritime. Epouser la forme du terrain et s’intégrer dans le site qui est en pente vers la mer constituent une exigence dans le cahier des charges sur laquelle le contrôle de l’agence urbaine reste pointilleux.
La multiplication des projets suscite toutefois des interrogations pour les pêcheurs de cette zone du littoral, particulièrement pour ce qui est des eaux usées. «Il n’y a eu aucune communication ou échange avec nous les pêcheurs d’Aglou, nous sommes pourtant directement concernés», s’exclame Abdellah Aarab, président de l’association Amoud pour le développement à Aglou. L’enjeu économique pour la ceinture littorale d’Aglou est incontestablement important. Certes, aujourd’hui seuls 5 projets sont finis, mais la construction continuera pour quelques années encore. Or, l’infrastructure et les services de base ne vont pas à la même cadence. Les infrastructures existantes aujourd’hui se résument à quelques commerces et une seule station d’essence à Mirleft. Pour le côté sanitaire, un dispensaire seulement existe sur un rayon de 20 km. L’hôpital le plus proche étant celui de Tiznit. Pour la restauration, il y a beaucoup à faire.

 

AGLOU CENTER : projet économique

 

 

La conceptualisation du projet Aglou Center  a nécessité à l’époque l’introduction d’une nouvelle technique de construction afin d’avoir une vue sur mer pour l’ensemble sans augmenter la hauteur des constructions

La conceptualisation du projet Aglou Center a nécessité à l’époque l’introduction d’une nouvelle technique de construction afin d’avoir une vue sur mer pour l’ensemble sans augmenter la hauteur des constructions

La petite commune d’Aglou connaît une problématique majeure liée à l’eau. En effet, l’eau des puits est saumâtre. Le taux de salinité de l’eau approche parfois les 60% du taux de salinité de l’eau de mer et varie selon les marées. Le promoteur du complexe Aglou Center a réfléchi à une solution, certes coûteuse, mais qui a le mérite d’être écologique et innovante dans cette partie du Souss. «La capacité de la station de dessalement de l’eau des puits est de 200 m3 par jour, ce qui permet d’arroser les espaces verts ainsi que le remplissage des piscines, et de réaliser par la même occasion des économies», explique Moustapha Bouderka, promoteur d’Aglou Center. Le complexe dispose de deux réseaux d’eau, l’un pour l’eau potable connecté à l’ONEP et un réseau lié à la station de dessalement. En outre, le complexe dispose d’une station d’épuration des eaux usées, réutilisées également dans l’arrosage des espaces verts. Il faut noter aussi que Aglou Center est le premier projet à faire rentrer la fibre optique dans la région du Sud pour desservir l’ensemble des habitations. Le promoteur du projet montre ainsi son engagement en matière de rationalisation de l’utilisation des ressources d’énergie et d’eau.

 

Par Sabrina BELHOUARI  (http://www.leconomiste.com/article/998270-tiznit-la-belle-aglou-nouvel-eldorado-des-residences-secondaires)

 


 

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