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  • : L'Amicale des Gadiris et du Souss
  • : L'association dite l’Amicale des Gadiris et du Souss fondée le 13 juin 2010, à Gradignan, a pour but de s’entraider, de se réunir entre amis, d’organiser des repas et sorties, d’éditer un bulletin.
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 07:18
Un trésor du patrimoine à tout point de vue... Esthétique

Un trésor du patrimoine à tout point de vue... Esthétique

CAUSE WE ARE API ! Heureux l’apiculteur gadiri qui peut se vanter de trouver sur son sol le prototype mondial de rucher traditionnel et collectif. Si la région du Souss nous a tous rendus amoureux contemplatifs des "agadirs" et autres greniers traditionnels, une autre grande fierté, et surtout celle des apiculteurs, réside à Inzerki.

 

On est tenté, à sa découverte, de qualifier le rucher ocre de véritable " Patrimoine Berbère " (Cf. Marc haenen tant son esthétisme brute vous happe, tant le décor de pisé fait aux multiples cases est surprenant, atypique ; sa couleur rouge brun dénotant au milieu d’un paysage de montagne, afro-asiatique… Il mérite tout autant cette qualification au regard de l’intelligence de sa construction, de son emplacement, de la pertinence de son orientation, de son côté avant-gardiste, et de son esprit coopératif…
D’une manière générale il est aussi testament de l’insoumission berbère qui, face aux invasions, sut protéger son rucher afin de préserver son auto-subsistance, et ce malgré des moyens très relatifs. Enfin, il est témoignage d’une réflexion et de stratégies coopératives qui font partie de l’identité du Souss.

Une conception pluri-centenaire étonnante et intelligente 

Daté des années 1850, la tradition orale enseigne néanmoins que l’apiculture est bien plus ancienne sur ce site et d’après Brahim Chtoui- président de l’Association Taddart Inzerki pour le Développement et la Coopération- la pratique de mise en commun des ruches remonterait à bien plus loin. De fait, les tribus Berbères du Souss pratiquaient l’apiculture de manière nomade depuis des siècles : les ruches étaient déplacées au gré des floraisons, différentes selon les pluies, les sécheresses ou l’altitude. C’est plus tard qu'est né le rucher collectif d’Inzerki ; de la volonté de collectiviser et de sédentariser les ruches afin, entres autres, de ne plus avoir à les déplacer constamment. L’emplacement a été choisi isolé des espaces urbains ; à une altitude idéale de 980 mètres, avec un climat stable et à proximité de l’abondance de plantes et fleurs mellifères : palmiers, arganiers, thym, lavande… Il fut ensuite étudié afin que son versant sud soit particulièrement ensoleillé. 

Des techniques de construction enseignées de génération en génération

Le rucher de pisé est donc constitué de sortes de "cases", chacune divisée en quatre étages, permettant ventilation et écoulement des eaux de pluie. Troise ruches installées en quinconce par case dont l'apiculteur récolte le miel. Les différentes ruches sont naturellement étanchéifiées à base de boue voire de bouse de vache séchée. "Chaque famille disposant de plusieurs cases, on y trouvait donc, au moment où l’activité fut la plus élevée, un total de quelques 4000 ruches sur ce seul endroit. " (Source : Marc d’Haenen). Ce qui représente 40 à 50 000 abeilles ; il parait d’ailleurs que le vrombissement des abeilles s’entendait à des kilomètres…
Aujourd’hui c’est une petite centaine de famille qui disposent de ces emplacements atypiques. 

La singularité du métissage de deux espèces d’abeille

Même au sujet des reines de la ruche, Inzerki innove ; ce sont deux espèces d’abeilles qui sont élevées dans la région du Souss ; l’abeille noire et l’abeille Saharienne, un métissage entre elles donnant une nouvelle espèce hybride combinant les valeurs de deux précédentes, très résistante et très prolifique, et nettement moins agressive. 

Les rénovations et la réappropriation

On comprend aisément pourquoi ces techniques de construction se sont transmises de génération en génération jusqu’aux crues violentes de 1990/1996. Ayant connu ensuite une période de délaissement causé par les sécheresses suivi de la transhumance des apiculteurs, le rucher redevient attractif grâce aux pluies ces dernières années (qui ont permis l'épanouissement de la végétation). Rénové à plusieur reprises : en 1980 puis en 1996 avec le soutien de l’Unesco ; c’est cette fois avec le soutien de l’USAID ( US Agency for International Development) dans le cadre du développement du tourisme rural que la structure a été restaurée en 2006.
Une coopérative est en cours de création pour la réhabilitation du rucher. S’il faut constater les progrès et le développement de l’apiculture moderne, il est ici question de pérenniser à travers la réhabilitation de cette structure, les techniques artisanales et de préserver le patrimoine que le rucher représente, à l’instar des greniers. Enfin il s’agit là de pérenniser le concept de collectivité qui fait la racine de la structure sociale de ces populations ; une ONG a été créée en ce sens : l’association Igounane Igounane-Inzerki pour le développement et la coopération. Elle a  d’abord pour objectif d’instaurer un climat de confiance chez les habitants et les aider à aller vers la création de structures de développement durable. Parallèlement, avec le soutien de la commune rurale d’Argana, les infrastructures de base (électricité, eau potable) ont été entreprises ; une maison du miel devrait consolider le projet ainsi que la labellisation du miel d’Inzerki.

Promenade 

Si le Rucher collectif d’Inzerki jouit d’une notoriété incontestable chez les apiculteurs, il reste un lieu peu connu, confidentiel, un peu hors du monde et hors du temps. La distance depuis Agadir est environ de 90 km, dans la commune rurale d’Argana, sur la route nationale 8 vers Marrakech, au cœur des montagnes du Haut-Atlas. Si le trajet sur la piste est quasiment aussi long que sur la N8, il est tout à fait faisable d’y aller en voiture de tourisme normale hors période de grosses pluies. Elle est en bon état et surtout, la promenade vaut le détour car les paysages sont magnifiques avant d’y arriver et une fois au Rucher. Brahim Chtoui, le Président de l’Association, vous guidera dans la visite du rucher. Il explique en détail l’histoire, le fonctionnement du rucher, les plantes et fleurs de la région, les vertus du miel, etc,… Ensuite, il offre le thé à la menthe, la dégustation du miel et de l’Amlou,…. 

 

Texte Nathalie Perton
Photo Grand Rucher d'Inzerki, page Facebook officielle

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commentaires

fauverque. 21/05/2015 21:51

Bonjour. je connais le ruchet, j'ai des photos a remettre aux petites fu rucher. nous iirons en janvier..
l' apiculteur est adorable ainsi que sa femme, nous avons goûter son miel ,son hamlou et son pain dans sa maison ,merci a eux passez notre message si vous pouvez, nous étions avec Michel Terrier
amitié de la gadirie de Coeur Cathy